8 juillet 1621 : baptème de Jean de La Fontaine |
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A propos de La Fontaine, ce site contient : 1. Une présentation des Lettres du Limousin - 2. Une présentation du recueil des Fables. |
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Ce 8 juillet 1621, en l'église de Saint-Crépin-hors-les-murs, à Château-Thierry, le premier né de Charles de La Fontaine et de son épouse, Françoise, est baptisé. On suppose donc que sa naissance est de bien peu antérieure. La famille est de bonne et solide bourgeoisie, tant du côté maternel que paternel. Le père est maître particulier des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry, ce qui vaudra à Jean une enfance champenoise. Il part, sans doute, vers 1635, étudier à Paris. Il semble surtout s'y être amusé et pourtant, en 1641, il entre chez les Oratoriens avec le projet de devenir prêtre. Il n'y reste guère (18 mois) , mais il va y nouer des liens qui dureront toute sa vie. Lorsqu'il en sort, c'est pour se joindre à la jeunesse littéraire de son temps, le groupe qui se dit "nobles chevaliers de la table ronde" et qui se réunit le jeudi, après-dînée, pour débattre littérature : Mainard, Furetière (avec lequel il a étudié), Pellisson, Maucroix, Charpentier, Tallemant des Réaux – qui en portera témoignage dans ses Historiettes, lui faisant une réputation de rêveur dont s'emparera la postérité ("Un garçon de belles lettres et qui fait des vers, nommé La Fontaine, est encore un grand resveur", suivent quelques anecdotes le prouvant et quelques autres qui paraissent tout droit sorties des Contes eux-mêmes, Pléiade, tome 1, p. 391-92). Ces amitiés perdureront, plus ou moins fortes, tout au long de sa vie. La plus solide restant celle de Maucroix ; le dernier billet qu'il nous reste de La Fontaine lui est adressé. Même s'il se marie en 1647, avec Marie Héricart qui n'a alors que quinze ans, acquiert une charge en 1652, a un fils en 1653, il ne change guère de mode de vie et se partage entre Paris et Château-Thierry ; le mariage, par ailleurs, ne semble pas être une réussite et les époux, après la mort du père, survenue en 1658, se sépareront de biens (sans doute pour protéger la fortune de Marie), puis se sépareront vraiment, après 1671 : La Fontaine continuant de vivre à Paris, Marie retournant à Château-Thierry. La première oeuvre publiée de La Fontaine est une adaptation en français de L'Eunuque de Térence, en 1654. Elle témoigne des solides connaissances du poète en latin, comme de ses talents d'adaptateur ; talent aussi de traducteur que ses contemporains reconnaissent en faisant souvent appel à lui pour traduire la poésie latine. |
![]() Portrait
de La Fontaine, par Rigaut, 1684, réalisé
à l'occasion de l'entrée du poète
à l'Académie française
(musée Jean de La Fontaine,
Château-Thierry).
Portraitiste attitré de Louis XIV, le peintre (1659 - 1743), immortalise ici un Académicien : un homme grave, posé, empesé où l'on ne devine rien de l'écrivain; un portrait qui correspond davantage à ces mots de La Bruyère dans lesquels on a voulu reconnaître La Fontaine: "Un homme paraît grossier, lourd, stupide, il ne sait pas parler, ni raconter ce qu'il vient de voir ; s'il se met à écrire c'est le modèle des bons contes, il fait parler les animaux, les arbres, les pierres, tout ce qui ne parle point : ce n'est que légèreté, qu'élégance, que beau naturel, et que délicatesse dans ses ouvrages." ( Les Caractères, "Des Jugements", 56 - 1691) Il est vrai aussi que Le Verrier disait qu'il était prude en conversation et d'une modestie sévère (cité par Clarac, p. 11), mais lui-même, dans son dernier billet à Maucroix, écrivait: "O mon cher, mourir n'est rien ; mais songes-tu que je vais comparaître devent Dieu ? Tu sais comme j'ai vécu." De la gravité du portrait à la légèreté de l'homme , on hésite, et La Fontaine reste un mystère. |
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En 1657, son oncle, par alliance (c'est en fait l'oncle de Marie), Jannart , l'avait présenté à Fouquet, alors surintendant des Finances et mécène, dont il deviendra un des familiers, comme Molière, et bien d'autres, à la même époque. (Dumas en a plaisamment mis en scène le petit monde dans Le Vicomte de Bragelonne, pas sérieux du tout sur le plan historique, mais amusant sur le plan de la reconstitution d'une atmosphère : cercle magique des créateurs et du mécène) Et en 1658, il offre à Fouquet un Adonis (imitation d'une des Métamorphoses d'Ovide). Le Songe de Vaux, entrepris pour célébrer le château de Vaux-le-Vicomte, propriété de Fouquet, ne sera jamais achevé : en 1661, Louis XIV fait arrêter le surintendant qui finira ses jours en prison, ses amis se dispersent, l'oncle Jannart est exilé en province (à Limoges). La Fontaine l'accompagne. Ceci nous vaut un récit de voyage sous forme de six Lettres adressées à son épouse demeurée à Château-Thierry. Revenu à Paris, gentilhomme servant de la duchesse douairière d'Orléans (et c'est seulement alors qu'il obtient un brevet de gentilhomme), il publie entre 1664 et le début de 1666, la première partie de ses Contes et nouvelles (récits légers, un rien coquins, divertissants, se réclamant autant de Boccace que de Rabelais. Fragonard, au XVIIIe siècle, en illustrera certains.) Et en 1668, paraissent 184 apologues ésopiques mis en vers, répartis en six livres, précédés d'une préface, et dédiés au dauphin, sous le titre de Fables. Le Fabuliste entre en scène et ne la quittera plus. Le livre rencontre un vif succès (il connaîtra quarante éditions du vivant du poète). En 1669, paraît Les amours de Psyché et de Cupidon (suivi d'Adonis, dont c'est la première édition), dédié à La Duchesse de Bouillon, un élégant récit de prose et poésie mêlées où La Fontaine développe le mythe d'Eros et Psyché rapporté dans L'Ane d'or ou Les Métamorphoses d'Apulée (vous en trouverez le texte à la BNF) En 1672, la duchesse douairière étant morte, Mme de La Sablière accueille La Fontaine chez elle. Dix ans après les premières fables (1678 et 1679), il leur ajoutera 5 nouveaux livres, et enfin, un 12e en 1693. Ces recueils, pourtant à nos yeux, plus intéressants, connaissent un moindre succès que le premier. Entre temps, il aura publié de Nouveaux contes en 1674, sans privilège (autorisation royale) et qui seront aussitôt interdits à la vente par ordonnance de police. Mais en même temps, il avait écrit La Captivité de Saint-Malc, poème dévot, et avait prêté son concours à la traduction de vers latins de La Cité de Dieu (Saint-Augustin) publiée par Giry en 1667. Les visages de La Fontaine sont multiples : "Diversité est ma devise" lit-on dans un des Contes de 1774. Elu en 1683 à l'Académie française, Louis XIV refuse d'entériner le vote et il faudra que La Fontaine attende l'élection de Boileau pour que le roi accepte enfin son admission au sein de la Compagnie. Il meurt en 1695. |
![]() La page de garde de l'une des nombreuses éditions des Fables au XVIIe siècle (1679, à Amsterdam) A voir la première édition des Fables, celle de 1668, sur Gallica |
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L'épitaphe
qu'il composa "d'un paresseux", sans doute
dans les
années du cercle "des chevaliers de la
table
ronde" semble un autoportrait, mais on oublie qu'il
en
composa une autre, peut-être aussi "autobiographique" que la
première,
à moins que les deux ne soient qu'un divertissement
plaisant,
comme ses amis d'alors en étaient coutumiers, ou comme on
les
aimait dans les salons du temps, car on n'oserait penser que
le "Paul" dont il s'agit puisse
être
Scarron, mort en 1660.
Epitaphe d'un
paresseux
Jean s'en alla comme il était venu, Mangea le fonds avec le revenu, Tint les trésors chose peu nécessaire. Quant à son temps, bien le sut dispenser : Deux parts en fit, dont il soulait passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire. Epitaphe d'un grand parleur Sous ce tombeau pour toujours dort Paul, qui toujours contait merveilles : Louange à Dieu, repos au mort, Et paix en terre à nos oreilles ! A visiter : Le musée officiel de Château-Thierry infiniment moins séduisant que l'ancien site de Château-Thierry auquel on ne peut plus accéder. |
![]() Perrette, imaginée par Gustave Doré. De nombreux illustrateurs, depuis le XVIIe siècle, ont interprété les Fables. Gustave Doré (1832 - 1883) est de ceux-là. Vous pouvez voir la totalité de son travail (le livre VII commence à l'image 282) à la BNF. |