Lettres à Madame de la Fontaine (août et septembre 1663)

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A propos de La Fontaine, ce site contient
: 1. Biographie du poète - 2. Une présentation du recueil des Fables.





 Les six lettres qui nous restent de l'exil en Limousin composent un ensemble que les éditeurs ont nommé  : "Relation d'un voyage de Paris en Limousin".
La première lettre est datée de Clamart le 25 août 1663 et la sixième, et dernière, de Limoges le 19 septembre 1663.
Elles sont toutes adressées à Mme de La Fontaine qui se trouve à Château-Thierry. On ne sait si l'ordre d'exil concernait aussi le poète ou seulement l'oncle, voici ce qu'il en dit : "La fantaisie de voyager m'était entrée quelque temps auparavant dans l'esprit, comme si j'eusse eu des pressentiments de l'ordre du roi." Ce qui peut aussi bien vouloir dire que l'ordre le concernait directement, ou qu'il n'était pas question, pour lui, de ne pas accompagner un homme qui lui était cher. L'exil ne dura guère puisqu'en 1664, il sera de retour à Paris.
Les lettres racontent les étapes du voyage, les incidents amusants, décrivent les villes traversées, les lieux visités: l'avant-dernière, par exemple, s'étend longuement sur la visite de Richelieu, la ville que fit ériger le Cardinal sur des plans de Jacques Lemercier (qui a aussi été l'architecte du palais-cardinal, aujourd'hui Palais Royal à Paris) et recense une partie des trésors artistiques rassemblés dans son château (dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges) par le Cardinal.
Le ton est léger, humoristique, et prouve, entre autres choses, que la relation entre La Fontaine et Marie était alors d'amitié complice. Naturellement, ces lettres sont destinées à circuler (au sens d'être lues à voix haute), d'abord dans le cercle de Marie, peut-être même peut-on imaginer des copies allant jusqu'à Paris.
La Fontaine y insère volontiers des vers, quelquefois citations, le plus souvent en manière d'illustration de son propos, ainsi rime-t-il sur la Loire, sur la table de pierreries qu'il voit au château de Richelieu, sur le peu d'agrément que lui promet Limoges (bien qu'il ait atténué ce jugement, par anticipation : "je vous donne les gens de Limoges pour aussi fins et aussi polis que peuple de France : les hommes ont de l'esprit en ce pays-là, et les femmes de la blancheur;" mais il faut bien que le poète se conforme à son "image", un rien badin, un rien précieux)  :

Ce n'est pas un plaisant séjour :
J'y trouve aux mystères d'amour
Peu de savants, force profanes ;
Peu de Phillis, beaucoup de Jeannes ;
Peu de muscat de Saint-Mesmin,
Force boisson peu salutaire ;
Beaucoup d'ail et peu de jasmin :
Jugez si c'est là mon affaire.

Il y dessine le portrait d'un homme primesautier, que tout amuse, y compris la platitude de la Beauce sur laquelle il rime un conte plaisant, construit sur l'homophonie Beauce / bosse ; qui semble  se faire loi de rappeler, dans chaque lettre, son goût pour les jolies femmes, au point que l'on s'interroge sur la sincérité de cette quête des "belles personnes"; un homme sensible aussi, que la beauté du lieu, à Amboise, oblige à se remémorer l'arrestation et l'emprisonnement de Fouquet (du 4 au 25 décembre 1661) et qui note :  "De tout cela, le pauvre M. Fouquet ne put jamais, pendant son séjour, jouir un petit moment.", que les vers aident à extérioriser ce sentiment de compassion :  "Cette plainte a pour moi des charmes", mais, qui, dans le même temps n'en dira  pas plus  sur le sujet. Les lettres sont destinées à amuser Marie, non à l'attrister.
Vous pouvez en lire le texte complet ici, moins le poème final.










La ville de Limoges que découvre La Fontaine devait, à peu de choses près, ressembler à ce plan du Moyen-Age. L'oncle Jannart, et lui,  sont accueillis par l'évêque , qui est  "un prélat qui a toutes les belles qualités que vous sauriez vous imaginer ; splendide surtout et qui tient la plus belle table du Limousin. Il vit en grand seigneur, et l'est en effet."







Limoges au Moyen-Age


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