Orson Welles, Citizen Kane, 1941 |
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FICHE TECHNIQUE
Mise en scène : Orson Welles Scénario : Herman Mankiewicz, Orson Welles Directeur de la photographie : Gregg Toland Décor : Van Nest Polglase Montage : Robert Wise Musique : Bernard Hermann durée : 119 mn noir et blanc Interprètes Orson Welles : Charles Foster Kane Joseph Cotten : Leland Everett Sloane : Bernstein George Coulouris : Thatcher Ray Collins : Jim W. Gettys William Alland : Thompson, le journaliste Dorothy Comingore : Susan Kane (doublure pour le chant : Jean Forward) Ruth Warrick : Emily Kane Paul Steward : le majordome. |
Portrait
d'Orson Welles à 24 ans, au moment du tournage de Citizen Kane.
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Hollywood, 1941 : Welles et le scénario de Citizen Kane. |
Quelques indications
biographiques :
1915 (6 mai) : naissance de Welles à Kenosha (Wisconsin) 1924 : mort de la mère 1930 : mort du père (Bernstein devient son tuteur) 1932 : voyage en Irlande. Engagement à l’ "Abbey Theater" (Dublin). 1934 : débuts à New-York, au "Martin Beck Theater" (Roméo et Juliette) débuts à la radio. 1937 : création avec John Houseman du "Mercury Theater". Sa 1ere pièce : Jules César (Shakespeare) sera regardée comme un événement dans les mises en scène de Shakespeare aux USA - Welles avait choisi de vêtir ses personnages d'uniformes rappelant l'armée allemande. 1938 : La Guerre des mondes (H.G.Wells) sur CBS, "Théâtre des Ondes". Panique. Welles devient célèbre du jour au lendemain. 1939 : contrat avec RKO. 1941 : Citizen Kane. A partir de là, Welles va continuer sur trois fronts : la radio, où il adapte les grands romanciers ou dramaturges (Flaubert, Sophocle, Dostoïevski, etc.); le théâtre et le cinéma [acteur aussi bien que metteur en scène dans ces deux domaines]. 1941 - 42 : voyage au Brésil. 13.000 mètres de rushes pour All it’s true qu’il ne montera pas. 1942 : La Splendeur des Amberson (que le producteur montera sans tenir compte de la volonté de Welles) 1946 : Le Criminel 1947 : La Dame de Shanghaï [séparation d’avec Rita Hayworth / rupture avec Hollywood] Macbeth (tourné en 23 jours) 1952 : Othello 1955 : M. Arkadin (Confidencial report - dossier secret) 1957 : La Soif du mal (A Touch of evil)
1962 : Le Procès (The Trial) 1966 : Falstaff (Chimes at midnight) 1967 : Une Histoire immortelle (couleur, adpatation du conte de Karen Blixen pour la télévision) 1973 : Vérités et mensonges (F for Fake) 1985 : mort d’Orson Welles Il laisse 7 scénarios non réalisés, les km de pellicules de deux films non montés: All it’s true et Don Quichotte et un film monté en partie seulement : The Other side of the wind. [Ces informations sur Welles ont été empruntées au Procès - decoupage intégral, Points-seuil, 1971, à Orson Welles de Claude Bessy, Seghers, 1967, et à Moi, Orson Welles, entretiens de Welles avec Peter Bogdanovitch, Belfond, 1993] |
![]() Citizen Kane, premier plan. |
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Hervé Bazin dans Orson Welles (publié pour la première fois en 1950) explique deux des procédés essentiels de Welles dans Citizen Kane : Le filmage en contre plongée : "La persistance de la contre plongée dans Citizen Kane fait [...] que nous cessons vite d'en avoir une conscience claire, alors même que nous continuons d'en subir l'emprise. Il est donc beaucoup plus vraisemblable que le procédé corresponde à une intention esthétique précise : nous imposer une certaine vision du drame. Vision que l'on pourrait qualifier d'infernale, puisque le regard de bas en haut semble venir de la terre. Cependant que les plafonds, en interdisant toute échappée dans le décor, complètent la fatalité de cette malédiction. La volonté de puissance de Kane nous écrase, mais elle est elle-même écrasée par le décor. Par le truchement de la caméra, nous sommes en quelque sorte capable de percevoir l'échec de Kane du même regard qui nous fait subir sa puissance." Le plan séquence : "Etudions [...] une séquence typique de Welles : celle de l'empoisonnement de Suzan [...]. L'écran s'ouvre sur la chambre de Susan vue de derrière la table de nuit. En premier plan, collé contre la caméra, un verre énorme, tenant presque le quart de l'image, avec une petite cuillière et un tube de médicaments débouché. Le verre nous cache presque entièrement le lit de Susan, plongé dans une zone d'ombre d'où s'échappent seulement quelques râles indistincts, comme d'un dormeur drogué. La chambre est vide ; tout au fond de ce désert privé : la porte, rendue plus lointaine encore par la fausse perspective de l'objectif et, derrière cette porte, des coups. Sans avoir vu autre chose qu'un verre et entendu deux bruits, nous avons compris d'un coup la situation : Susan s'est enfermée dans sa chambre pour s'empoisonner ; Kane essaye de rentrer. La structure dramatique de la scène est essentiellement fondée sur la distinction des deux plans sonores : le râle, proche, de Susan, les coups de son mari derrière la porte. Une tension s'établit entre ces deux pôles, maintenus à distance par la profondeur de champ. Maintenant les coups se sont faits plus lourds : Kane essaie d'enfoncer la porte à coups d'épaule, il y parvient. Nous le voyons apparaître minuscule dans l'encadrement de la porte et se précipiter vers nous. L'étincelle a éclaté entre les deux pôles dramatiques de l'image. La scène est finie. [...] la séquence classique constituée par une série de plans analysant l'action selon la conscience que le metteur en escène veut nous en faire prendre se résout ici en un seul et unique plan. Aussi bien, à la limite, le découpage en profondeur de champ de Welles tend-il à la disparition de la notion de champ dans une unité de découpage qu'on pourrait appeler le plan-séquence." |
![]() Orson Welles, dans les années soixante. |