Fiche de révision. Diderot, Le
Neveu de Rameau, texte 1
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AUTEUR
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Denis Diderot (1713-1784), philosophe des Lumières, ami de Rousseau avant que celui-ci ne se fâche avec lui comme avec les autres philosophes, directeur avec d'Alembert de L'Encyclopédie (1751-1772). |
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TITRE
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Le Neveu de Rameau ou satire seconde. Le texte n'est pas publié du vivant de Diderot, mais pour le première fois en 1821 (traduit de l'allemand), puis en 1823 sur une copie fournie par la fille de Diderot, et enfin en 1891 lorsqu'un manuscrit de la main de Diderot est retrouvé chez un bouquiniste à Paris. Il s'agit d'un dialogue entre deux personnages : MOI et LUI. Probablement rédigé à partir de 1761. Diderot avait coutume de retoucher, de reprendre régulièrement les manuscrits qu'il ne publiait pas. |
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SITUATION DU PASSAGE
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incipit du récit (épigraphe le signalant). |
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SUJET
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présente les deux personnages. |
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INTERETS du passage
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- les deux personnages en
apparence opposés (le
narrateur / le personnage de rencontre)
- l'ironie - un début de récit inhabituel (récit à la première personne, un seul événement : la rencontre d'un autre personnage) - un témoignage sur la vie quotidienne (le Palais-royal, la mode des échecs, le "marginal", les promenades, les tavernes, le monde social : cocher, grand seigneur, financiers, monastères) - une interrogation philosophique (instabilité du monde et des êtres - continuité / versatilité) |
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VOCABULAIRE
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goût
= esthétique (se rappeler que Diderot est aussi l'auteur de "Salons" et
que d'une certaine manière, il invente la critique de tableaux)
libertinage = double sens du mot, liberté philosophique (penser sans Dieu), liberté sexuelle. catins = prostituées singulière = particulière, unique, spéciale après-dîner = le dîner correspond à l'épqoue à notre déjeuner, vers 2h-3h de l'après-midi. (se rappeler que le dialogue s'achève vers 5h = on entend sonner les vêpres) / "souper" = le repas du soir original = le mot a une connotation péjorative. |
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REFERENCES
/ INTERTEXTUALITE
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l'épigraphe
= citation d'Horace, poète latin du Ier siècle av. J.-C.
(qui était déjà
l'écrivain à l'origine de la satire 1) tirée de satire II, 7. [le
passage dont est extrait la citation est aussi un dialogue entre Horace
et son esclave qui à la faveur des Saturnales le critique vertement]
« vertumnis quotquot sunt natus iniquis » = ceux qui sont nés sous l'influence maligne de Vertumne / voué par nature au capricieux Vertumne» Vertumne est la divinité qui préside au changement des saisons (c'est donc une divinité qui pousse à la transformation) Café de la Régence = café du Palais-Royal ouvert en 1718 (le siècle des Lumières est aussi celui des cafés, nouveaux lieux de sociabilité, plus ouverts que les salons particuliers) dont le patron est alors Rey Philidor, Mayot, Legal, Foubert = des joueurs d'achecs célèbres à cette époque (vers 1760) La Trappe / Bernardins = deux communautés religieuses opposées ; la première célèbre pour sa sévérité (les moins y sont astreints au silence), l'autre tout aussi célèbre pour sa réputation de moines bons vivants (ils sont dans les gravures représentés gros et gras) Le Cours = le Cours-la-Reine, lieu de promenade le long de la Seine. Le Palais-royal = ancien palais Cardinal parce que bâti par Richelieu, en face du Louvre, ses jardins sont ouverts au public. Allée d'Argenson, allée de Foy, deux allées opposées dans le jardin. |
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STRUCTURE
LOGIQUE
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structure
linéaire : le narrateur se présente dans le lieu où il passe
l'après-midi, puis présente l'homme qui l'aborde "lorsque je fus
abordé".
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| CARACTERISTIQUES PARTICULIERES |
- accumulation des antihèses
: depuis "je" jusqu'au personnage qui entre en scène
pour le caractère, le comportement,
l'apparence : hauteur/ bassesse ; bon sens /déraison, etc.
- les images plaisantes : " mes pensées se sont mes catins", "une partie de son matelas dans ses cheveux." - rapidité des évocations : "quelquefois", "le mois suivant", "aujourd'hui", "demain" - récit placé sous le signe du mouvement (verbes de mouvement, rythmes ternaires) |
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EFFET(S)
produits
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- amuser, faire sourire
- faire réfléchir le lecteur |
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CONCLUSION
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La présentation des deux personnages laisse deviner l'opposition qui va se développer, mais en même temps la portée philosophique du récit puisque le texte présente à la fois stabilité et instabilité dans la situation comme chez les personnages et que le deuxième personnage semble matérialiser les pensées diverses de "je" comme sa présence d' "original" permet de "démêler son monde" aux dires du narrateur, c'est-à-dire de mieux comprendre à la fois la société et les individus. |
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QUESTIONS
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1. Comment l'ironie se manifeste-t-elle dans ce texte ? 2. Quelles sont les caractéristiques des deux personnages en présence ? 3. En quoi cet incipit annonce-t-il la suite du récit ? 4. Comment définiriez-vous le narrateur de ce récit ? 5. Peut-on dire que les deux personnages de ce récit sont des "marginaux" ? 6. En quoi ce début de récit résonne-t-il avec son sous-titre de "satire" ? |